« En décembre fais du bois et endors-toi ».
L’hiver marque le signal d’une pause pour tout le monde, on hiberne…ou bien, on rêve d’hiberner !
C’est aussi une période où certains organismes vivants adoptent des stratégies de survie pour faire face aux conditions rigoureuses. D’autres au contraire, comme les décomposeurs, s’activent !
Le sol, lui, profite de ce temps pour se revitaliser. Pour peu qu’on l’aide, on pourra au printemps profiter d’une terre incroyablement riche et grouillante de vie.
En hiver, on parle de dormance des plantes
Ce phénomène de dormance correspond au ralentissement de l’activité métabolique des végétaux dès l’automne, pour conserver leur énergie, et résister aux gels hivernaux.
Les arbres à feuilles caduques perdent leurs feuilles, ce qui réduit la perte d’eau par la transpiration et protège contre les dommages dus au gel. Leur croissance semble à l’arrêt mais c’est justement cette pause qui permet l’effervescence des beaux jours, pour notre plus grande joie.
Après la floraison, les bulbes entrent dans une phase de dormance, une période de repos également nécessaire pour stocker des nutriments et préparer la future floraison.
Les graines, tombées au sol, en été et en automne se réveilleront et germeront lorsque les conditions – luminosité et chaleur – seront de nouveaux favorables à leur germination .
Les animaux, eux, adoptent des stratégies différentes au jardin
- Hibernation
Les hibernants ont adopté une stratégie pour résister au froid et lutter contre la raréfaction de la nourriture.
Les mammifères qui hibernent voient leur métabolisme ralentir. Leur température corporelle baisse et ils vivent de leurs réserves de graisse. Par exemple, le hérisson se prépare très tôt à affronter l’hiver en se constituant une bonne réserve de graisse et en se construisant un abri protecteur, sous des broussailles, des branchages ou des bûches. Ce refuge, bien isolé, doit le protéger du froid et de l’humidité entre les mois de novembre et février.
Alors, chut !… Ne le dérangeons pas durant son sommeil hivernal, ni lorsqu’il va en sortir tout amaigri et vulnérable.
Et veillons à maintenir les espaces et gîtes naturels qui lui sont nécessaires.
- Les décomposeurs
Les décomposeurs sont petits ou minuscules voire invisibles, et pourtant sans eux, pas de sol. Ce sont les vers de terre, champignons, bactéries, protozoaires, insectes, arachnides, collemboles, nématodes…
Haute saison
pour les décomposeurs
Ensemble, ils décomposent la matière organique et créent le sol, l’humus : une matière riche, qui rend la terre fertile. Ils sont actifs toute l’année mais l’hiver, ils travaillent le sol à votre place pourvu que vous leur laissiez de la matière à décomposer, bois mort, feuilles mortes, racines !
- Les oiseaux
Si votre jardin est verdoyant, il y a de fortes chances pour que les pinsons, rouges-gorges, et autres mésanges aient élu domicile dans vos arbres. En effet, ces petits passereaux adorent passer l’hiver dans les grands végétaux, tels que les chênes ou les hêtres. On peut les observer sur les branches ou dans les cavités. Les mésanges bleues et les charbonnières, nombreuses encore dans nos jardins l’hiver, aiment aussi installer leur petit nid douillet dans les haies ainsi que dans les arbustes touffus.
Installez une mangeoire avec des graines de tournesol et vous pourrez ainsi les observer aller et venir…
- Insectes
Diapause
Les insectes peuvent entrer en diapause, une sorte de dormance, où leur développement et leur activité ralentissent considérablement.
Protection
Certains insectes trouvent des abris protégés, comme sous l’écorce des arbres ou dans la litière de feuilles, pour éviter le froid. Par exemple, les coccinelles, qui se cherchent un abri uniquement l’hiver. Cela peut être dans un tas de bois, derrière une porte de cabanon, sous des feuilles mortes, etc.
En hiver, le sol doit être protégé et couvert
Pour que le sol reste à l’abri du soleil, du vent et des précipitations (qu’il n’aime pas plus que nous quand il n’est pas protégé), on va essayer de le maintenir couvert. Si l’on souhaite que cette couverture soit la plus continue possible, on utilise des plantes compagnes et des engrais verts.
On peut aussi le recouvrir de carton (sans encre et sans scotch). C’est de la matière carbonée, dont certains décomposeurs sont friands, et sous le carton, une faune variée s’adonnera à une activité frénétique qui vous permettra, au printemps, d’avoir peu de travail pour préparer votre sol pour les premiers semis au potager.
Voilà, le jardin est bien vivant l’hiver, même s’il semble parfois un peu terne et ennuyeux…
Il s’y passe des tas de choses si l’on y prête un peu attention.
Et donc maintenant, lorsque vous tentez de faire le ménage dans votre cabanon l’hiver, n’oubliez pas que des coccinelles peuvent y être cachées. Si vous déménagez un tas de bois, rappelez vous que des hérissons y hibernent peut-être…
Soyez vigilants et vous conserverez votre jardin vivant !




