Dossier réalisé par Anne-Claude Jaouen
Vous avez peut-être déjà entendu parler du comptage des oiseaux. Vous vous êtes sans doute dit que c’était sympa, mais vous avez un tout petit jardin, une terrasse. Ou vous n’en avez pas. Et puis vous ne savez pas comment vous y prendre. En plus, vous avez bien du mal à faire la différence entre un moineau domestique et un accenteur mouchet. Pas de panique, Paysages et compagnie vous explique tout ! En réalité, compter les oiseaux n’est pas compliqué et c’est surtout c’est très utile. Les scientifiques ont besoin de vous pour recueillir des données. Attention, c’est bientôt, alors préparez-vous. Et le jour J, profitez-en !
Connaître les chiffres : le déclin des oiseaux
Il y a des chiffres qui ne mettent pas de bonne humeur, surtout quand on les entend dans le brouillard du petit-déjeuner, un bol de café à la main. Selon plusieurs études scientifiques, les populations d’oiseaux sont en déclin en Europe depuis 40 ans : elles ont chuté de 25 %. En milieux agricoles, la baisse s’élève à 60 % des populations d’espèces.
Nous ne revenons pas sur les causes de ce déclin, mais ceux que ça intéresse trouveront de nombreux articles et podcasts sur le sujet.
Il y a fort à parier que, si vous avez plus de 40 ans, vous gardez des souvenirs d’oiseaux en nombre. Aujourd’hui, on les aperçoit lorsqu’on est curieux et qu’on ralentit le rythme, mais ils ont globalement disparu de notre quotidien à la campagne ou dans une grande ville.
À écouter : Effondrement des oiseaux : du plomb dans l’aile — France Culture (29 mai 2023)
Quand on réalise l’ampleur des dégâts, on a le choix entre ne plus y penser ou, au contraire, faire pause et se demander comment aider.
Compter les oiseaux : pour quoi faire ?
Les scientifiques nous alertent sur la disparition de la faune aviaire, et ils ont besoin de nous pour recueillir des informations sur l’ensemble du territoire.
Si vous avez un jardin, ou si vous fréquentez des parcs ou des espaces naturels proches de votre lieu d’habitation, vous pouvez les aider. Vous pouvez leur prêter vos yeux le temps d’une observation.
Votre comptage leur servira à constater :
- la présence d’espèces à un endroit précis ;
- le nombre d’individus de cette espèce ;
- le type de lieu fréquenté par certains oiseaux, etc.
Mises bout à bout et analysées par des experts, ces données permettent de comprendre comment les oiseaux s’adaptent et quels milieux leur sont favorables. Le comptage national est donc une forme de science participative, à la portée de tous et essentielle.
Les journées de comptage sont aussi un moyen de vous faire aimer les oiseaux :
- en apprenant à les reconnaître ;
- en observant l’énergie qu’ils déploient pour trouver de la nourriture ou défendre leur territoire ;
- en constatant qu’ils ne sont pas nuisibles ;
- en les trouvant tout choupinous (franchement, ils sont mignons, non ?).
Participer au week-end de comptage : comment s’y prendre ?
La LPO (ligue pour la protection des oiseaux) et le Muséum d’Histoire naturelle organisent deux week-ends de comptages tous les ans. Pour vous en souvenir plus facilement, pensez que :
- La session d’hiver a lieu le dernier week-end de janvier (pendant la période d’hivernage).
- La session de printemps se déroule le dernier week-end de mai (pendant la période de reproduction).
Vous pouvez participer le samedi et le dimanche, ou seulement un de ces deux jours. Votre observation dure une heure. Vous la faites où bon vous semble : au chaud derrière la fenêtre du salon, sur un banc dans un parc, à l’affût dans le bois à côté de chez vous.
Si vous en avez besoin, vous téléchargez une fiche d’identification des espèces les plus courantes.
Vous notez tous les oiseaux que vous apercevez, ainsi que leur nombre. Alors là, vous vous dites, mais comment je sais que ce n’est pas le même oiseau qu’il y a 5 minutes ? Ahah, facile ! En fait, vous comptez le nombre maximum d’individus d’une même espèce que vous avez observé pendant une heure. Par exemple, vous voyez trois moineaux : vous écrivez 3. Si 10 minutes plus tard vous en repérez 5 : vous notez 5. Il ne faut surtout pas additionner.
Votre comptage terminé, vous transmettez vos données au site de l’Observatoire des oiseaux des jardins.
Et voilà !
À retenir :
- J’écris la date du prochain comptage sur mon calendrier (dès maintenant !).
- Je télécharge la fiche d’identification.
- Le jour J, je m’installe dans un chouette endroit.
- Je compte le nombre maximum d’oiseaux d’une même espèce et je remplis la fiche.
- Je transmets mes données à l’Observatoire.
À lire aussi : Nourrir les oiseaux en hiver
Compter les oiseaux, c’est les regarder fourrager ou réaliser leurs acrobaties. C’est observer les différences entre les espèces, apprécier les détails de leur plumage ou leurs couleurs. C’est un bon moment. Alors si, en plus, vous avez le sentiment de participer à une étude scientifique destinée à les protéger, vous n’en tirerez que de la satisfaction. On vous dit à bientôt ?




