Le compost au jardin, comment ça marche ?

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Le compost, on s’y met tous ?

Pourquoi nous parle-t-on tant du compost en ce moment ? Parce que depuis janvier 2024 les collectivités doivent apporter aux habitants, des solutions de tri à la source des déchets. Les déchets organiques représentent 30 % de nos poubelles ménagères… Alors que la matière organique est composée essentiellement d’eau… Elle sera au mieux brûlée dans un incinérateur et au pire enterrée dans un centre d’enfouissement pour alimenter de gigantesques montagnes de déchets. Le jus résultant de sa décomposition se mélangera aux métaux lourds et autres joyeusetés toxiques et tout cela polluera nos nappes phréatiques… le gaz qui s’en échappe ; le méthane est souvent brûlé en direct (80 fois plus nocif que le CO2 pour l’effet de serre…)… hum… Bref, autant de bonnes raisons de composter…

C’est vieux comme le monde, et indispensable au jardin

Mille ans avant Moïse, on trouve des références à l’utilisation du compost en agriculture. Il est fait écho dans les textes sacrés, la Bible et le Talmud, c’est dire ! De tout temps et par tous les temps, les agriculteurs ont imité la nature et utilisé l’humus issu de la décomposition de la matière organique pour amender les sols. Aussi, au 19e siècle, les déchets organiques urbains sont collectés et acheminés en dehors des villes vers les villages agricoles pour fertiliser les champs. On n’a rien inventé de mieux, les pesticides non merci, les fongicides non merci…

Et comment ça marche ?

Le compostage est issu de la décomposition de la matière organique. C’est un processus de fermentation dans un milieu aéré et humide qui se fait grâce au travail des micro-organismes, bactéries et champignons et macro-organismes qui sont les lombrics, les insectes… Pour obtenir un bon compostage, il faut équilibrer la matière azotée et la matière carbonée.

Oulala mais c’est quoi ce charabia ? Les déchets de cuisine, les déchets végétaux verts non ligneux sont de la matière azotée, et la matière carbonée (ou le structurant), c’est le broyat de ligneux, les feuilles mortes, le carton de boîte d’œufs, de papier toilette… Il faut 2/3 de matière azotée (humide) et 1/3 de matière carbonée (sèche) dans le meilleur des cas et pour lancer le processus, il faut mélanger et brasser ces matières ensemble et régulièrement !

Et les peaux de bananes, elles se compostent ? Et le pain ? Les restes de viande ? Effectivement tout ça, c’est de la matière organique et donc ça se décompose… Le pain, il faudra le couper en petits morceaux et ne pas trop en mettre (faire du pain perdu avec le vieux pain 😉 quant aux peaux de bananes ou d’agrumes, oui bien sûr, ça se composte très bien surtout s’ils sont bio. Les restes de viande aussi mais tout dépend où se trouve votre bac et de l’entretien que vous faites. Un bon brassage régulier et un bon mélange sont indispensables !

Concrètement on fait comment dans son jardin ?

À l’automne vous devez stocker un maximum de feuilles mortes, de paille, de morceaux de carton dans un bac. Dans un autre bac, vous déposez vos déchets de cuisine et de jardin coupés en petits morceaux. À chaque apport, vous mélangez avec du structurant pris dans l’autre bac. Et vous brassez avec une griffe sur 20 cm. Le processus de fermentation va donc se faire et votre bac d’apport va monter en température. Des bactéries et champignons vont dégrader la matière et ensuite les lombrics vont la digérer… Au bout d’un certain temps, environ neuf mois à un an, votre compost sera mûr si bien que vous pourrez utiliser ce fertilisant dans votre jardin naturel et vivant. Comme il est puissant, sa concentration ne doit pas dépasser certaines doses selon qu’il s’agisse de l’incorporer aux fruitiers ou bien sous vos arbustes. voir ici

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Compost dans un jardin vivant paysages et compagnie
©Florentin Fouch
Compost au jardin naturel naturel -paysages et compagnie
Composteur dans un jardin naturel et vivant en ville ©paysages et compagnie